Rock’n Roooooool !

 

Allez, une bribe d’histoire…

 

Le Rock’n Roll est d’abord inspiré du rhythm and blues, le rythme ternaire de celui-ci étant remplacé par un rythme binaire et un tempo plus soutenu. Il faut distinguer rhythm and blues et rock’n roll, même si la tâche paraît délicate de la fin des années 1940 à 1954. Le rock’n roll est un style musical inventé par des chanteurs noirs et joué par les musiciens blancs, simple, facile à danser et excitant, ce nouveau style était idéal pour les night-clubs.

L’étiquette rock’n roll a, dans un premier temps, été utilisée pour distinguer le rhythm and blues des Afro-Américains de celui des Blancs et ce pour des raisons liées à la politique raciale de l’époque. Il était inadmissible que des artistes blancs se retrouvent dans les mêmes bacs chez les disquaires que les Noirs. La communauté blanche, qui ne fréquentait pas les night-clubs noirs, rejetait ce style musical considéré comme barbare.

 

Deux avancées techniques permirent de diffuser cette musique ; la guitare électrique (mise au point par Les Paul) et le disque 45 tours. Le Rock n’était pas destiné aux mélomanes ; il était fait pour danser et mettre le feu à tous ceux qui avaient, jusque-là, été bercés et endormis sur les chansons sirupeuses de Sinatra et Nat King Cole (pour le moins pire). Avec l’arrivée du Rock’n Roll, tout s’est embrasé !

 

Aux débuts du rock’n roll, les adultes vont se liguer contre cette nouvelle musique, but why ?

Because l’importance de l’élément physique donc sexuel va à l’encontre des normes établies. Elvis – surnommé le « Pelvis » (regardez-le se déhancher) – sera filmé en homme tronc ; dessous, ça remue  trop ! Les attitudes des chanteurs semblent « obscènes » et leur façon de chanter « criarde ». Les journaux s’en mêlent et dénoncent cette nouveauté.

Résultat : les jeunes adhérent totalement au mouvement. D’ailleurs, les chanteurs sont parfaitement conscients  de la nécessité de moduler les provocations, pour attirer les couches plus rustiques de la jeunesse américaine. Finalement, les textes des chansons traitent de l’ennui à l’école, de l’interdiction de sortir, du manque d’argent, de draguer les girls. Très vite, le rocker sera aux prises avec les responsables de l’industrie du disque.

 

Premier rocker en date, Bill Haley – son premier hit « Crazy man crazy » datant de 1953 – il créa un son unique à partir d’éléments de Dixieland, de jazz et de rhythm and blues.

 

 

Mais attention, beaucoup considèrent que le premier morceau de rock’n roll serait « Rocket 88 » de Jackie Brenston & His Delta Cats, enregistré en 1951. L’héritage Rythm’m and Blues est bien là !

 

 
 

God save the King

 

Amateur de gospel, de blues et de country, Elvis Aaron Presley décide de tenter sa chance et pendant l’été 1953, pousse la porte d’un petit studio d’enregistrement spécialisé dans la musique noire, le Studio Sun Records à Memphis.

«  Ce que venait de faire Elvis avec « That’s All Right » me donna immédiatement la chair de poule. Je savais qu’on tenait quelque chose. Ce n’était pas la chanson à proprement parler, mais ce qu’en faisait Elvis, la chanson était à l’origine un blues, Elvis l’a transformée en rock’n roll. Je peux vous dire que pour moi c’était un choc. Je décidais qu’il devait l’enregistrer. Ce fut son premier vrai succès à Memphis. » Sam Phillips (Sun Records).

 

 

Un succès retentissant allait s’en suivre mais son départ à l’armée en 58 sera un tournant dans la carrière du King. Il y aura un avant et un après Elvis. A noter en 68, un des premiers come-back du genre sur la chaîne de télévision NBC, signant l’importance et la complicité des média.

Mais bien plus tard, en affadissant le rock’n roll, Elvis tombera dans le piège de la variété : une traversée du désert menant tout droit à Vegas !

 

Teenagers

 

Un nouveau type de consommateur est en train d’apparaitre : le teenager. Il /elle est blanc(he). Et beaucoup de véritables créateurs de rock’n roll sont noirs. Y’a un binz ! Car à cette époque ça fait désordre de voir des gentils kids tout proprets et des poulettes blondes devenir (un peu) hystériques lorsque Bo Diddley ou Chuck Berry chantent avec les mêmes titres interprétés par Elvis, ce sera la folie et plus tard par Mick Jagger : un délire planétaire ! Donc, les producteurs vont veiller à ce que les noirs ne bénéficient pas vraiment d’une musique dont ils sont pourtant en grande partie les auteurs. Comment faire ? C’est tout simple : lorsqu’un musicien noir tient un succès local, on s’empresse de faire enregistrer une « cover » – c’est-à-dire une version plus « décente » et aseptisée à un jeune blanc qui en récoltera les lauriers à l’échelle nationale. Le black reste au village !
 

Ellas Otha Bates McDaniel plus connu sous le nom de « Bo Diddley », né le 30 dec 1928 et mort le 2 juin 2008 était un bluesman, guitariste, chanteur et compositeur américain. Il est reconnu comme l’inventeur du « diddley beat », forme évoluée et transposée sur la guitare, du « jungle beat », qui caractérise l’éclosion achevée du Rock en 1955 et de tout ce qui suivra. Le 20 nov 1955, il passe au Ed Sullivan show et – censé jouer sagement un morceau devenu classique de la musique country; « Sixteen Tons » , comme il était convenu – il interprétera sans avertir « BO DIDDLEY »... Ed Sullivan lui dira qu’il est « l’un des premiers hommes de couleur à l’avoir jamais trahi ». Face à cette annonce qui lui sembla déplacée, Bo Diddley avouera s’être retenu de lui casser la figure. Suite à cet évènement, il sera empêché de participer à  plusieurs autres shows et Ed Sullivan lui dira que sa carrière serait finie avant 6 mois. Cependant, Bo Diddley venait de lancer son premier tube sur les ondes , tout en ayant tenu tête au système médiatique, alors soumis au conservatisme et à la ségrégation. Il devint un exemple. Dans Story of Bo Diddley, Eric Burdon explique qu’après deux années de « Solid Rockin« , le rock’n roll mourra de circonstances extérieures incontrôlables, telles que les pots de vin que pratiquaient les « blancs à cigares » qui avaient lancé Bo.

 

 

Avec Chuck Berry, Fats Domino et Bo Diddley, Little Richard fut l’un des premiers musiciens noirs de Rock’n Roll à connaître les faveurs du public blanc.
En 1956, il interprète « Tutti Frutti » dans le film d’Alan Freed :

 

 

 

Paradoxe vivant, Jerry Lee Lewis affirme, entre autres, que le rock’n roll n’aura été pour lui « qu’un moyen de gagner de quoi enregistrer des disques de country », sa véritable passion. A l’âge de 10 ans, il a développé une approche très personnelle et acrobatique du piano, en intégrant les sons du boogie woogie qu’il écoutait à la radio avec le rhythm’n’blues qui était joué dans le club de nuit (juke joint) de son oncle. La mèche rebelle, la silhouette élégante, la technicité très affutée.

 

 

Les années 1960

 

Au début, le rock’n roll prit racine en Angleterre, et les Beatles, qui triomphèrent en 1964, établirent les canons d’une musique qu’on appela désormais rock : guitares électriques se partageant la mélodie et la cadence harmonique, section rythmique constituée d’une basse et d’une batterie, et d’autres instruments qui étaient le plus souvent des claviers.

 

 

Les Rolling Stones, incarnèrent le rock classique inspiré du blues et du folk.

 

 

À la fin de la décennie, les paroles simplistes et sentimentales des chansons rock firent place à des textes plus engagés ou méditatifs, sous l’influence notamment de Bob Dylan, héritier du folk américain.

 

 

Ce fut aussi l’époque de l’explosion psychédélique, dont les grandes figures furent Jimi Hendrix, les Doors, les Who, Pink Floyd ou Jefferson Airplane, tous marqués par le mouvement hippie et les événements émancipateurs des années 1968-1970 aux États-Unis et en Europe.
Peu à peu, le ton initial, celui de la révolte, tendit vers une certaine démesure instrumentale et sonore, favorisée par les progrès de l’amplification, la multiplication du nombre d’instruments et l’organisation des concerts transformés en gigantesques shows sonores et lumineux, comme les festivals de Woodstock et de l’île de Wight, qui rassemblèrent des centaines de milliers de personnes.

 

Les années 1970

 

Le rock se diversifia dans les années 1970, s’ouvrant à des influences d’autres genres : le rapprochement avec le jazz donna naissance au jazz-rock (Soft Machine, Weather Report), la musique classique européenne inspira le rock progressif (Genesis, Yes), la musique indienne fut à la source de la période psychédélique des Beatles et des Rolling Stones, la country américaine marqua un style nouveau (Eagles, Neil Young, Creedence Clearwater Revival) et le blues mêlé au rock violemment électrique engendra le hard-rock ou heavy metal (Led Zeppelin, Aerosmith).

 

 

Sous l’influence d’un groupe avant-gardiste new-yorkais, le Velvet Underground (créé par Andy Warhol et Lou Reed), un style de rock se donnant une image décadente et surnommé glamour rock ou glitter rock, se développa en Angleterre et aux États-Unis avec David Bowie, T-Rex, Roxy Music… Avec d’autres artistes venant du hard-rock comme Iggy Pop, ce style prépara le terrain à l’explosion en Grande-Bretagne de la vague punk (The Sex Pistols, The Clash…). Renouant avec le rock simple des années 1960 et rompant avec sa version commerciale en expansion, le punk était porteur de revendications radicales suscitées par la crise sociale.

 

 

Les années 80 et 90

 

La révolte brutale et destructrice du punk fit place au début des années 1980 à la « new wave » (nouvelle vague). Synthétiseurs et boites à rythmes devenus accessibles aux jeunes musiciens qui sont plus mûrs, plus intellectuels, un mouvement branché et underground grâce à des labels indépendants. La « coldwave » (vague froide) que l’on peut considérer aussi comme un sous-genre du courant post-punk, radicalise le minimalisme et la froideur (Joy Division, The Cure, Siouxsie and the Banshees, Talking Heads, Television, Ultravox, XTC…).

Ouvert à d’autres formes de musique et utilisant volontiers des instruments nouveaux, le rock se nourrit désormais de sa propre histoire et ses principaux sous-genres furent exploités par une industrie du disque en plein essor.

 

 

Outre la tendance de nombreux groupes à s’inspirer de courants précédents (U2, INXS), révélatrice d’un certain essoufflement du genre, le rock intégra les nouveaux apports de la musique noire : le funk (James Brown, George Clinton), la soul (Marvin Gaye, Tina Turner), le disco (Chic, Georgio Moroder) et le reggae (Bob Marley).

A La fin des années 1980 aux États-Unis, l’émergence du rap est affirmée, ce courant musical mêle un funk répétitif au texte scandé. Utilisant des techniques comme l’échantillonnage (sampling, scratch) et fusionnant parfois avec le rock (Run DMC), le rap est devenu un phénomène mondial.

Touchant désormais trois générations, le rock des années 1990 s’est banalisé et institutionnalisé, recyclant à l’infini des styles préexistants, à l’instar de groupes qui apporteront leur pierre à l’édifice comme les influents Pixies, Nirvana (mouvement grunge, mélange hétéroclite du hard-rock et du punk), ou du nouveau rock britannique (Suede, Oasis) issu de la pop anglaise et du glamour rock des années 1970.

 

 

Les années 2000 à aujourd’hui

 

Les années 2000 sont marquées par un retour du garage rock avec des groupes venant essentiellement de la scène américaine comme les White Stripes et The Strokes. Un revival années 1980 est également perceptible avec les succès commerciaux de groupes comme The Killers.

 

 

 

Contrairement à d’autres courants musicaux, le rock’n roll a cette faculté notable de résurrection (plus ou moins heureuse) et de par ce fait, personne aujourd’hui n’ose plus définitivement l’enterrer puisqu’il renaît régulièrement de ses cendres. La « musique du diable » a encore de beaux jours devant elle…

 

Yeah.