Cigare

 

 
Un cigare c’est quoi en fait ? Et bien c’est une feuille de tabac enroulée en spirale sur d’autres feuilles pliées ou roulées (« liga » ou « ligada » pour les Cubains) ou remplie de feuilles de tabac hachées en petits morceaux (pour les cigares de moindre qualité).
 
Du mot espagnol « cigarro » (lui-même d’étymologie incertaine), qui pourrait venir du maya « zicar » (« fumer ») ou de l’espagnol « cigarra ».
Par ordre de Felipe II, Hernández de Boncalo, un croniste et historien pendant la conquête des Amériques, importa les premières graines de tabac introduites en Europe en 1559. Ces graines furent cultivées aux alentours de Toledo, dans une zone sous-nomée « los cigarrales » du fait qu’elle était souvent envahie par des cigales.
 
 
Le Havane…
 
… ou plutôt Habanos (appellation d’origine) et l’histoire du tabac est l’une des plus longues épopées de la culture cubaine. Christophe Colomb en faisait déjà référence.
En 1799 apparaît pour la première fois à Cuba le nom « havane », émanant de la Junta de la Factoría de Tabacos, une émanation de la Régie espagnole, l’île de Cuba appartenant alors à la couronne d’Espagne. Les marins portugais ou espagnols en consomment et le havane se répand dans toute l’Europe à partir du 23 juin 1817 (abolition par l’Espagne du monopole royal). Le Roi Ferdinand VII permet à l’île de Cuba de fabriquer et d’exporter ses cigares… En 1818, Cuba compte déjà plus de 400 manufactures, pour la plupart des ateliers de petite taille, appelés chinchales.
 
Au fil du temps, le havane a adopté toutes les formes et tailles (les modules). Il y a un siècle, la mode était surtout aux formes fuselées (figurados) et aujourd’hui, les modules courts à gros diamètre sont privilégiés par les amateurs.
La société Habanos SA (toutes les marques de havanes lui appartiennent) revoit régulièrement son catalogue. Les références à rotation trop lente ou faisant double emploi avec d’autres modules semblables dans la même marque, disparaissent. On compte aujourd’hui 27 marques faites à la main, 5 fabriquées à la machine et 280 vitoles qui existent dans différents conditionnements (étuis de 3, 5 ou 10, et boîtes de 25 ou 50).
 
Le havane est protégé depuis 1967 par une AOP (appellation d’origine protégée) qui s’applique uniquement à un cigare roulé à Cuba, à partir de feuilles récoltées à Cuba.
Cinq régions s’adonnent à la culture du tabac : Oriente (Bayamo, Baracoa), Remedios (la zone comprise entre Sancti Spíritus et Santa Clara), Partido (près de La Havane), Semi-Vuelta et Vuelta Abajo (région de Pinar del Río). Les feuilles qui entrent dans la composition des grands havanes faits à la main ne proviennent jusqu’à présent que des seules Partido (spécialisée dans la production des feuilles de cape) et Vuelta Abajo. Les meilleures feuilles sont récoltées dans deux villages du plus prestigieux des terroirs cubains, la Vuelta Abajo : San Luis et San Juan y Martínez. Un second terroir cubain, la Vuelta Arriba (comprenant des tabacs cultivés à Oriente et Remedios), propose les José L. Piedra et, depuis le début de l’année 2003, les Guantanamera.
Depuis environ une dizaine d’années, les Cubains produisent chaque année trois vitoles en Édition limitée. Ces Ediciones limitadas sont des modules inédits dans un label, roulés dans une feuille de cape qui a vieilli au moins deux ans et fabriqués en quantité limitée. Ajoutons à cela les Éditions régionales qui sont apparues pour la première fois en Angleterre en 2005. Ces modules inédits sont réservés pour deux ans à un seul pays. Ce fut le cas de la France en 2007 avec le Libertador de Bolivar et l’Obus de Juan Lopez.
Notons enfin la tendance actuelle à inventer de nouveaux modules, conformes aux goûts ou aux besoins des consommateurs. C’est ainsi qu’autour du classique robusto ont été déclinées des variations plus longues, comme le cañonazo, ou plus courtes, comme le petit robusto. Sacrifiant à la mode récente des capes sombres, les Cubains ont lancé sur le marché il y a deux ans une nouvelle gamme de Cohiba « Maduro ». Cette année, c’est au tour de la marque Montecristo d’être rajeunie par une nouvelle série de havanes destinés à être dégustés en plein air, les Montecristo Open. Toutes ces productions nouvelles sont le signe de la vivacité et de la plasticité du cigare cubain.
 
 
Pas de cigare sans le plant de tabac et ses étages foliaires
 

 
Une plante fruste et âcre, le tabac, est ainsi, au fil des siècles, soumise à de lentes et longues sélections. De la multiplicité innombrable des essais de culture, quelques terroirs naissent avec leurs sols, l’humidité de l’air, la force et la douceur du soleil. S’établit peu à peu la tradition d’un calendrier des semis, des traitements, des récoltes. Respecté scrupuleusement, il fait qu’une graine de quelques milligrammes devient en quatre mois une plante plus haute que l’homme.
 

 
Enfin vient le moment de la récolte qui se fait du bas vers le haut de la plante en 3, 4 ou 5 temps (tiempos en espagnol). Ces « étages foliaires » se nomment, dans la terminologie espagnole :
 
– libre de pie (feuilles libres car non altérées par la terre du sol, au pied de la plante),
– uno y medio (un et demi, c’est-à-dire juste au-dessus du pied)
– centro (centre)
– corona (couronne foliaire immédiatement sous le bouquet floral qui se développe à la pointe de la tige). A la récolte, les feuilles sont suspendues en guirlandes par la base de leur côte sous des abris sommaires ou dans des séchoirs.
 

 
C’est à ce stade que le classement définitif va intervenir. On l’appelle – par transposition des étages foliaires et donc des périodes de cueillette – classement en « tiempos ».
Examinons ce classement du plus « léger » au plus corsé » (les Espagnols parlent de niveau de « fortaleza ») :
– volado : qui correspond évidemment aux feuilles les plus basses ; tabac très léger ; faible intensité ; peu nourri.
– seco : tabac de feuilles basses ou moyennes ; assez léger ; corps faible ou moyen.
– ligero : feuilles moyennes, plus nourries ; tabac ayant du corps.
– medio tiempo : feuilles moyennes et hautes ; tabac ayant beaucoup de corps.
 

 
Des règles de récolte, de séchage, et puis toute la chimie compliquée de la fermentation transforment ces feuilles duveteuses et charnues en un tissu brun mordoré, souple et lisse, sur lequel les nervures se lisent à peine, et qui porte des senteurs profondes. Assembler ces feuilles en choisissant, parmi les terroirs et selon la hauteur de récolte, celle que l’on va envelopper d’une sous-cape vigoureuse et charnue, former le tout d’après un modèle parfaitement respecté et habiller cette poupée d’une feuille soyeuse et unie, ultime robe d’apparat, voilà comment des siècles de recherche et de tradition ont fait le cigare.
 
 
Confection
 
Il faut 5 types de feuilles pour confectionner un Habano :
 
– La Tripe (Tripa) contient un mélange de 3 feuilles : Ligero, Seco et Volado.
Celles-ci sont retenues par la Sous-Cape (Capote) alors que la Cape (Capa) habille le cigare et lui donne son aspect.
 
Il existe deux variétés de semences qui produisent chacune des plantes de tabac différents : les Corojo et les Criollo.
 
– Les plantes de Corojo, destinées aux très importantes feuilles de cape, exigent des attentions particulières. Elles sont protégées de la lumière directe du soleil par de fines étoffes. Elles gardent ainsi leurs textures et un aspect soyeux, doux et uniforme.
 
– Les plantes de Criollo, en revanche, sont exposées au soleil. Elles produisent ainsi une gamme plus large et de plus grande intensité de bouquets pour les différents mélanges exigés.
 
La cueillette du Corojo : Chaque plante de Corojo porte 8 à 9 paires de feuilles. Chaque niveau de la plante a sa propre appélation. Arrivées à maturité, les feuilles de chaque niveau sont cueillies séparement, à intervalles de 6 à 8 jours. La cueillette d’une plante s’étend sur plus de 40 jours…
 
La cueillette du Criollo : Les plantes de Criollo portent 6 à 7 paires de feuilles classées en Ligero, Seco, Volado et Capote. Les feuilles de la base offrent le moins de saveur. Au sommet, les feuilles plus jeunes sont exposées au soleil et ont donc une saveur plus intense. Après la cueillette, les feuilles sont conduites dans les grandes Casa del Tabaco pour une opération de sèchage.
 

 
> Galera (galère), cœur des manufactures
Lieu où opèrent les torcedores s’appelle la galera puisque les premières fabriques importantes au début du xixe siècle, étaient les prisons. De ce modèle est née la coutume d’asseoir les torcedores en longues rangées, comme des galériens. Face aux « galériens-torcedores », assis derrière une table posée sur une estrade, le lecteur est un personnage que les ouvriers du tabac ont imposé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Pour faciliter la surveillance et empêcher les prisonniers de parler, les gardiens avaient repris la pratique du lecteur telle qu’elle était en vigueur dans les réfectoires des couvents. Assez rapidement, les ouvriers libres ont obtenu de bénéficier de cette tradition en payant eux-mêmes le lecteur. Un centavo par ouvrier et par jour ! Les journaux de l’époque ne croyaient pas à la durée de cette institution, pourtant toujours d’actualité. Toutefois, le lecteur de nos jours n’est plus payé par les ouvriers mais par l’État.
 
> Torcedor
Tout d’abord, il faut être admis après sélection, dans l’école de chaque marque. Les cours durent une année, pendant laquelle les candidats touchent un petit salaire mensuel. L’examen réussi, ils sont admis comme torcedores de septième catégorie et confectionnent des cigares de petits modules (jusqu’au petit corona). Après un certain temps, les plus doués accèdent à la huitième catégorie. Ils se consacrent alors à la confection de cigares plus importants, tels que les coronas, coronas grandes, robustos et autres especial n° 2. Plus tard, après un stage de deux mois, les meilleurs passeront dans la neuvième catégorie. C’est à eux qu’on confiera le soin de rouler les plus prestigieux cigares : churchills, doubles coronas, obus. Un petit nombre d’entre eux, désireux de travailler pour le tourisme, ont quitté les manufactures pour officier dans les grands hôtels ou les casas del habano.
 
> Classement et mise en boîte
Une fois la cape posée, chaque torcedor regroupe ses cigares par botte de cinquante, dans laquelle il glisse sa marque. Dans chaque botte est prélevé un cigare qu’un vérificateur mesure et pèse pour vérifier s’il correspond exactement aux normes de la vitole demandée. Puis, d’un coup d’ongle, il l’ouvre et s’assure que les feuilles de tripe ont été roulées comme il sied. En cas de défaut de l’échantillon, la botte entière peut être rejetée. Roulés, contrôlés, les cigares vont reposer et perdre leur excès d’humidité dans une vaste salle aux murs tapissés d’armoires à tiroirs de cèdre : l’escaparate. De ce lieu, aussi calme qu’une cathédrale, où ils séjournent plusieurs semaines, ils passent ensuite par les mains de l’escogedor. Debout face à un établi où sont disposées des centaines de cigares de la même vitole, celui-ci les classe en fonction des 64 nuances de teintes homologuées puis les range en dégradé dans des boîtes provisoires, du plus sombre (à gauche) au plus clair (à droite). L’escogedor détermine aussi quelle face (la plus avantageuse) devra être exposée au-dessus de la boîte. Sa compétence est l’une des mieux rémunérées.
Il reste aux cigares à être bagués. Opération assurée généralement par des femmes. Pour une même vitole, la bague est rigoureusement appliquée à la même distance de la tête du cigare. Puis, les cigares sont disposés, un à un, dans leur boîte définitive. Après un ultime séjour en entrepôt, ils prendront enfin l’avion jusqu’à leur pays de destination.
 




 
 
Familles
 
Il existe trois familles de cigares qui tiennent à leur mode de production :
 
– Totalmente a mano : La production la plus soignée, la tripe longue « tripa larga » (longue car les feuilles sont entières), la sous-cape ainsi que la cape sont entièrement posées à la main par un torcedor.
 
– Hecho a mano : La tripe est courte « tripa corta » et seules la sous-cape et la cape sont posées par le torcedor, la tripe est assemblée dans une machine.
 
– Máquina : Ce sont des cigares entièrement faits à la machine, pour les grosses productions ; il s’agit de la moins bonne catégorie de cigare.
Il existe deux types de Máquina :
1 – Máquina Tripe longue : Cas relativement rare où la feuille est entière
2 – Máquina Tripe courte : Les feuilles qui composent la tripe sont hachées et mélangées ; ce sont généralement les chutes de feuilles utilisées pour la conception des « Totalmente a mano » et « Hecho a mano ».
 
 
Principaux Terroirs
 
Les tabacs utilisés pour la fabrication de cigares sont cultivés principalement à Cuba, au Cameroun, au Brésil, en République dominicaine, en Indonésie, au Nicaragua, au Honduras et aux États-Unis.
Les cigares fabriqués à Cuba (les Habanos) sont considérés par les fumeurs de cigares comme les plus fins et les plus complexes en termes de dégustation, bien qu’aujourd’hui de nombreux autres pays produisent des cigares de qualité comparable mais pas équivalente. C’est d’ailleurs dans une seule région de Cuba que sont cultivés les meilleurs plants de tabac destinés aux cigares les plus prestigieux. Il s’agit de La Vuelta Abajo qui se caractérise par un terroir et un climat idéal pour la culture du tabac. Tous les cigares cubains de qualité proviennent de la Vuelta Abajo.
 

 
A noter que la région de Navarrenx, dans le Béarn (France), comporte également une production de cigares, portant la marque Navarre. L’entreprise qui a connu quelques difficultés a été reprise durant l’été 2010 et la production devait reprendre. Des rouleuses spécialement venues de Cuba confectionnent les cigares Navarre. Dans le cadre de la nouvelle politique commerciale de la marque, les cigares Navarre seront désormais distribués par Altadis (ex Seita). L’entreprise a désormais le label « Entreprise du patrimoine vivant ».
 
 
Spécificités de consommation
 
Les 2 bouts d’un cigare, l’un appelé « pied » et l’autre, que l’on coupe, est appelée « tête ». La fumée d’un cigare n’a pas besoin d’être inhalée pour en sentir la pleine saveur et les pleins effets.
Comme beaucoup de substances organiques et spécialement végétales, les cigares s’humidifient ou se dessèchent en prenant ou rendant de l’humidité à l’atmosphère ambiante.
 
La plupart des cigares possèdent une tête recouverte et fermée. La dégustation du cigare est ritualisée par ses amateurs. Au préalable, bien choisir son cigare est primoridale, une fois le produit choisit (en fonction de votre goût), il est essentiel de humer et de « tâter » le bâton (si l’on peut dire) pour vérifier essentiellement le taux d’humidité conservé. Le cigare ne doit être ni trop sec soit très dur au toucher ou craquant sous les doigts, ni trop humide soit vraiment mou ou fondant sous les doigts… l’humidité excessive fait proliférer les moisissures, les bactéries, les champignons… sans parler des lasiodermes, parasites du tabac.
 

 
Allumer un cigare, c’est couper la tête du cigare en premier geste. La coupe doit être nette et droite, à environ 3 mm de la base de la tête (étant arrondie ou conique, la coupe plus ou moins près du bord déterminera un diamètre différent d’ouverture, et influera sur la qualité et la capacité du tirage). La technique employée reste néanmoins une affaire de préférence personnelle.
De nombreux accessoires permettent de réaliser cette opération ; le coupe-cigare, sorte de guillotine miniature, est le plus répandu. Il en existe bien d’autres, les principaux étant l’emporte-pièce et le ciseau. Le cigare s’allume donc à son pied avec de préférence une allumette longue (ou un briquet à gaz à flamme souple), cigare tenue en main et non porté à la bouche. Une fois l’incandescence satisfaisante au niveau du foyer, souffler légèrement dessus pour harmoniser la braise et porter le cigare en bouche pour en aspirer les premières bouffées.
 

 
Une fois le cigare allumé, l’aficionado tire une bouffée de fumée dans sa bouche. Certains fumeurs inhalent la fumée, en particulier avec les petits cigares, mais c’est inhabituel quelle que soit la taille du cigare. Un fumeur peut faire tourner la fumée dans sa bouche avant de la souffler, et peut expirer une partie la fumée par le nez pour distinguer les arômes. le fumeur pourra consacrer de nombreuses heures à la dégustation…
 
Si le cigare était auparavant emblématique de la bourgeoisie, il se répand dorénavant auprès de nouvelles personnes, moins riches, ainsi qu’auprès des femmes.
 

 
 
Saveurs
 
Comme les vins, les cigares sont appréciés pour leur différents arômes, dont certaines caractéristiques reviennent plus souvent comme : boisé, épicé, terreux, cuir, mielleux, végétal, floral…
 

 
Ces arômes se développent sur les trois tiers du cigare :
 
– le « foin » (1er tiers),
– le « divin » (2e tiers),
– le « purin » (3e tiers).
 
D’une manière générique, il existe bien sept catégories d’arômes (dominantes) identifiés dans la fumée du cigare : végétal, animal, épicé, empyreumatique, balsamique, terreux, pâtissier…
 
Chaque dominante peut, par la suite, se décomposer en sous-dominantes secondaires. Exemple : végétal, se décompose en végétal sec, végétal humide, végétal en décomposition. Il a été identifié une quarantaine de sous-dominantes ; les plus importantes dans le domaine du végétal, du balsamique, de l’épice – le terreux étant moins bien représenté (tourbe, boue…). On considère par ailleurs que ces arômes sont présents tout au long de la vie du cigare, à partir du moment où il est conservé dans de bonnes conditions. On parle alors d’une véritable signature aromatique.
 
 
Conservation
 
Mettre vos cigares dans un récipient pouvant conserver une température d’environ 21°C Celsius pour 70 % d’humidité env. Une cave à cigare généralement fabriquée en bois, contenant un dispositif d’humidification (le plus souvent un système genre éponge imbibée d’un mélange d’eau distillée et d’un additif chimique (propylène-glycol), est idéal…
 

 
La plupart des systèmes d’humidification conseillent l’utilisation d’eau déminéralisée, l’eau du robinet est souvent calcaire et chargée de bactéries qui finiront par encrasser la mousse du système, entraînant l’apparition de moisissures et de champignons.
Pour ce qui est de la température, le climat sous nos latitudes est suffisamment tempéré pour que les variations de température à l’intérieur de la boîte ne posent pas de problème. Évitez, par exemple, de la mettre sous les rayons directs du soleil…
 
Il existe bien sûr des solutions palliatives temporaires. Un récipient style Tupperware peut faire l’affaire ou une boîte en bois, sans odeur et bien hermétique. Il suffit alors d’y ajouter un système d’humidification comme un morceau d’éponge (en n’utilisant que de l’eau distillée) ou un morceau de légume comme une pomme de terre ou une carotte, bref un légume pas trop marqué en arôme, les cigares absorbent la moindre senteur… éviter le réfrigérateur !
 
Aussi, ne pas ommettre d’aérer de temps en temps le contenu de la boîte !
 
En ce qui concerne les parasites, les lasiodermes « Lasioderma serricorne » pour les puristes, « bicho » pour les cubains et « cigar beetle » pour les américains, sont des coléoptères de trois millimètres de long à l’âge adulte. Ils peuvent, en moins d’un mois (sa durée de vie maximale), ruiner l’ensemble de votre collection de cigares. En effet, la larve se nourrit de feuilles de tabac durant sa croissance puis, devenue adulte, elle pond des œufs qui, sous l’effet de la chaleur, deviennent larves – lesquelles se nourrissent des feuilles de tabac, et ainsi de suite. Tout peut aller très vite !
 
 
Santé
 
Aucune étude ne démontre pour l’instant la toxicité accrue du cigare par rapport à la cigarette. La spécificité de consommation – qui fait que l’amateur n’inhale pas la fumée – y est certainement pour quelque chose, épargnant les poumons, le risque restant pour les parties en contact avec la fumée telle que bouche, lèvre et oropharynx. Le cigare contient beaucoup plus de nicotine que la cigarette, mais son absorption par le corps se faisant par les muqueuses buccales, cela évite le « shoot » de nicotine et réduit le risque d’addiction.
Contrairement à l’idée véhiculée par certains sites médicaux, une grande différence de toxicité se situe dans l’absence de feuille de papier autour du tabac, cette dernière dans le cas de la cigarette favorisant l’apparition dans la fumée de produits toxiques. La feuille de tabac séchée du cigare (la cape) joue le rôle de filtre naturel de certains produits de la combustion du tabac.
A noter qu’en théorie, aucun additif n’est présent dans les cigares du marché « premium », aucune intervention chimique artificielle n’est effectuée sur le tabac.
 

 
Smoooooke on the waaaater…
 
 
 
 
Sources : Gilbert Belaubre « De l’initiation à la maîtrise » – http://www.cubania.com – La revue « L’Amateur de Cigare ».